Ours en randonnée

Ours en randonnée : les bons réflexes à adopter en cas de rencontre

Publié le 27/07/2025
Mis à jour le 24/07/2025
3 min de lecture
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Par Lena Guillemot

Points cles a retenir

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Croiser un ours brun en pleine nature reste un événement rare, mais la prudence s’impose, surtout avec une population ursine en hausse constante depuis vingt-cinq ans dans les massifs français. En 2020, le Réseau Ours Brun (ROB) a recensé 64 individus dans les Pyrénées, dont 16 oursons – six de plus qu’en 2019 –, signe d’une recolonisation encourageante mais génératrice de rencontres inattendues . Mieux vaut donc connaître les bons réflexes pour transformer un face-à-face potentiel en simple anecdote de randonneur averti.

Situations et solutions

Dans la majorité des cas, l’ours prend lui-même la fuite : une étude de la DREAL Occitanie menée de 1996 à 2000 conclut qu’il évite l’homme dans 78 % des rencontres . Toutefois, plusieurs facteurs (jeunes mâles dispersés, ourses défendant leur progéniture) peuvent conduire à un tête-à-tête.

  • Prévenir l’approche : le bruit constitue la première barrière. Discuter à voix haute, taper dans les mains ou faire résonner un grelot sur son sac signale sa présence et respecte le territoire animal. Lors d’une sortie dans les Hautes-Pyrénées, un groupe d’amis a ainsi alerté une ourse avant d’emprunter un col, évitant une surprise fâcheuse.

  • Lecture du comportement : si l’ours se dresse sur ses pattes arrière et remue lentement le museau, il cherche à identifier une source olfactive ou visuelle. Restez calme, mains découvrant lentement la tête pour afficher votre humanité.

  • Reculer sans brusquerie : parler d’une voix posée – « Nous ne voulons pas t’importuner, nous partons » – permet de maintenir la sérénité du groupe et de réduire le stress perçu par l’animal, dont l’odorat est 200 fois plus puissant que le nôtre, rappelle le vétérinaire Themo Anargyros . Ne jamais courir : un ours pourrait interpréter une fuite comme une invitation à la chasse.

  • Dernier ressort : face à une charge, utiliser un bear spray ou, à défaut, adopter la posture de la « proie morte » : coucher sur le ventre, mains sur la nuque, jambes serrées. Cette technique, quasi testamentaire, a été filmée en mai 2020 par Alessandro, un jeune Italien à bout touchant d’un ours surpris près d’un refuge, et qui s’en est sorti indemne en restant immobile.

Campement et saisons

À proximité d’un bivouac, l’ours peut tester un campement attractif : friandises oubliées, sacs-poubelle mal fermés sont autant d’invitations. Dans ces cas, la légitimité de l’homme à protéger son espace autorise un ton plus ferme : crier « Va-t’en ! » tout en brandissant le spray permet souvent de le dissuader, comme l’a expérimenté Themo lors d’une expédition au Canada.

La période influence aussi le risque : en fin d’automne, avant l’hibernation, certains mâles céderont à la faim extrême pour composer leurs réserves. C’est alors que le comportement devient imprévisible – Timothy Treadwell, alias Grizzly Man, en a fait tragiquement les frais en octobre 2003 en Alaska. Prudence maximale dans ces phases de basse disponibilité alimentaire.

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