Vacances lointaines sans avion

Vacances lointaines sans avion : train, vélo, voilier ou rando ?

Publié le 23/08/2025
Mis à jour le 24/08/2025
4 min de lecture
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Par Lena Guillemot

Questions frequentes

Retrouvez les reponses aux principales questions abordees dans cet article.

Partir en vacances sans prendre l’avion semblait encore, il y a peu, une mission quasi impossible. Pourtant, de nouvelles plateformes et de jeunes créateurs de contenus ouvrent des alternatives crédibles et séduisantes : train de nuit, voilier partagé, randonnée au long cours ou encore voyages à vélo. Une tendance portée par l’envie de voyager autrement et de réduire son empreinte carbone.

Le train, colonne vertébrale du voyage bas carbone

Sur Instagram, le canal de discussion « Les voyageurs bas carbone » rassemble déjà plusieurs milliers de membres. On y trouve des bons plans comme ce Paris-Milan à 29 €, partagé par le vidéaste Benjamin Martinie, alias Tolt. Désormais, ce créateur engagé a même lancé sa propre plateforme, Hourrail !, qui propose des itinéraires clés en main vers la mer, la montagne ou les trésors du patrimoine européen.

Parmi ses recommandations ? Un trajet jusqu’en Sicile, combinant train de nuit depuis Milan ou Rome, puis ferry. « Abordable, original et magnifique », assure-t-il, soulignant que sur place, il est facile de se déplacer sans voiture.

Même constat du côté de Mollow, une autre plateforme qui recense une cinquantaine de liaisons ferroviaires avec ferry. Exemple : Paris-Majorque en seulement 6 h 30 de train, suivi d’une traversée de nuit. Résultat : un trajet dix fois moins polluant qu’en avion, rappelle sa cofondatrice Alisée Pierrot.

Le vélo et le voilier, alternatives inspirantes

Les plus sportifs privilégieront peut-être Hexplo, qui aide à planifier des voyages à vélo adaptés à tous les niveaux, avec des itinéraires déjà testés. Ceux qui rêvent d’aventure maritime peuvent se tourner vers Sailcoop, qui démocratise le voyage en voilier partagé, une expérience lente mais inoubliable.

Pour arbitrer entre les options, Greengo propose un comparateur original qui met en parallèle temps, coût et émissions carbone d’un même trajet selon le mode de transport : avion, train, voiture ou vélo. De quoi rendre les choix plus éclairés.

L’avion, encore trop dominant

Selon l’Ademe, le tourisme représente 11 % des émissions de CO₂ de la France, dont 77 % proviennent des transports. Or, l’avion reste le principal coupable : un aller-retour Paris-New York équivaut à une tonne de CO₂ par passager, contre 100 kg pour un Paris-Londres en train. « L’écart est de 1 à 100 », résume Alexis Chailloux de Greenpeace, qui milite pour réduire drastiquement le trafic aérien.

Pourtant, les vols loisirs continuent d’augmenter : leur nombre a doublé en France entre 2008 et 2018, et le trafic aérien mondial devrait dépasser de 3 % son niveau de 2019. Entre avantages fiscaux (zéro taxe sur le kérosène, pas de TVA sur les vols internationaux) et prix attractifs, l’avion reste souvent la solution la plus économique à court terme.

Des créateurs qui changent les imaginaires

Changer les habitudes, c’est aussi transformer notre rapport au voyage. La communicante Amélie Deloffre a ainsi lancé Itinéraire Bis, un collectif de journalistes et influenceurs engagés. Leur objectif : montrer qu’on peut vivre des aventures dépaysantes sans décoller d’un aéroport.

C’est le cas de Louannemanshow, suivie par près de 100 000 abonnés, qui partage ses périples en train jusqu’au Maroc ou ses traversées en voilier. De son côté, la vidéaste Swann Périssé a documenté un voyage à vélo jusqu’à Amsterdam. Ces récits contribuent à populariser une idée nouvelle : le voyage commence dès la porte de la maison, que ce soit en train, en bateau ou sur deux roues.

Voyager autrement : une question de temps

Reste un obstacle majeur : la gestion du temps. Voyager lentement demande plus de jours. Certaines entreprises commencent à en tenir compte : la start-up française Ubiq a ainsi instauré les TTR (Temps de Trajet Responsable), offrant quelques jours supplémentaires pour permettre à leurs salariés de voyager sans avion.

Et si la clé du changement était là ? Considérer le trajet non plus comme un temps perdu, mais comme une partie intégrante de l’aventure. Lire dans un train de nuit, regarder les vagues depuis le pont d’un ferry, pédaler à son rythme… autant de manières de redécouvrir le voyage en ralentissant.

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